NAISSANCE D’UNE COULEUR : LE BLEU OUTREMER, pigment : le Lapis Lazuli

Mi- femmes, mi- poissons, elles chevauchent les monstres marins, une branche de corail à la main. Les ondulations de leurs longues chevelures azurées, ornées de perles, donnent naissance au bleu de la mer, c’est les Néréides, filles des océans.
dans l’imagerie médiévale occidentale, les mers sont vertes , c’est après Le XV -ème siècle, qu’on commencer à utiliser la couleur bleue.
Les pierres Bleues
La quête du bleu a parfois exigé beaucoup d’efforts et d’inventivité. Pour les Cheyennes du Colorado, la couleur Bleue symbolise la terre, source de toute vie. Le pigment bleu dont ils peignaient leurs tuniques de peau de daim était ainsi investi d’une valeur sacrée. Les Cheyennes partaient loin le recueillir dans un lieu secret des plaines du Nord-ouest. Les femmes créent, elles, enduisaient de fiente de canard les piquants de porc-épic auxquels elles souhaitaient donner une teinte bleue pour orner les vêtements.
LE LAPIS-LAZULI OU LE BLEU EN MAJESTE

Dans l’Ancien Monde, au IX -ème siècle av J-C, les Assyriens utilisaient dans leurs fresques un bleu tiré du cobalt, qui restera pendant longtemps cantonné au travail du verre. C’est le LAPIS-LAZULI , pierres semi-précieuse dont les gisements se trouvent en Afghanistan, qui a été pendant longtemps le roi des pigments bleu.
Il semble que ce soient les peintres afghans qui aient été les premiers à broyer la pierre, au V -ème siècle de notre ère. L’Inde l’importe par des caravanes, et on le retrouve à partir de cette époque dans les peintures jusqu’au Tibet. Les peintres arabes y auront également recours.

Au moyen Age, les Vénitiens importent le LAPIS-LAZULI en occident. Il devient pour les peintres la plus belle – et la plus chère-couleur de leur palette. On lui donne le nom Oltramarino (venu d’au-delà des mers), par opposition à l’Azurite, désignée jadis comme Azzuro citramarino (Bleu venu de ce côté -ci de la mer).

A partir du XII -ème siècle, une technique permettant de débarrasser la pierre de ses impuretés est mise au point. Et sous forme de pâte, on réservera ce produit précieux à la robe de la Vierge, et la quantité à utiliser est clairement spécifiée dans les contrats que les commanditaires des œuvres passent avec les artistes.
extrait de: #Couleurs, pigments et teintures dans les mains des peuples, de Anne Varichon


